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Génuflexion et grand-écart. (i)

Le sport ce n’est pas politique n’est-ce pas?

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Le sport ce n’est pas politique n’est-ce pas?

Peut-être pas pour vous.

CV : footeux, deux ans de formation du temps de Morsi et puis se barre dès que Sissi (notre ami pyramidale) arrive.

Une balade à Basel suivie d’un passage à West-London et aussi un voyage express par Florence d’où il ira là où tous les chemins mènent. Avant de rejoindre le LFC.

Un pas de géant pour les Musulmans, un pas d’occasion à perdre pour la presse blanche, aussi parasitaire, opportuniste et rampante qu’à son habitude.

Mohamed donc. Avec une orthographe totalement différente de celle qui est systématiquement utilisée quand par ailleurs on parle du sceau des prophètes, celui de l’Islam.
De Mahomet salaud à Mohamed Sala (comme dans sala Allah wa 3alayhi assalam), il n’y a qu’un pas (et 43 buts en PL et CL).

Je suis content pour lui. Musulman moi-même, je suis très content aussi. Pour lui, pour moi, pour nous les muz (aka « les norvégiens » à Bruxelles).

Mais « Le Monde » content de voir un musulman faire le Pape à Anfield? Sérieux? Content de voir des Liverpudlian pauvres héritiers déshérités de la traite négrière mère de leur faste période industrielle chanter qu’ils pourraient devenir musulmans?

Et Abdel-Karim Benzema? Le mec qui ne chante pas de chanson de merde qu’il n’aime pas, le mec qui marque un but tous les 3 match en EDF et un tous les deux matchs en club, qui a 4 L1, 2 Ligas, 3 C1, 2 CdR, qui a quasi zéro carton rouge, il en pense quoi « Le Monde »?

Comme « Karim je karaoke pas » qui a plus de Coupes d’Europe que tous les clubs français réunis, comme Zidane, qui double-buteur en Finale de Coupe du Monde s’est dit qu’il était temps de cracher dans la soupe plutôt que de prendre encore la Coupe et de la boire jusqu’à la lie (le balcon ça va une fois), l’heure de Mohamed Salah arrivera.

Genuflexion and big-gap.

Sport is not political, is it?

Maybe not for you.

CV: Soccerborn, two years of training during Morsi’s time and then get off when Sissi (our pyramidical friend ) arrives.

A ride to Basel followed by a trip to West London and also an express jump through Florence where he will go where all roads lead. Before joining the LFC.

A giant step for the Muslims, a second chance for the white press, as parasitic, opportunistic and creeping as it usually is.

Mohamed. With a spelling totally different from the one that is systematically used when we also speak about the seal of the prophets, the Islam guy.
From Mahumet bastard to Mohamed Sala (as in sala Allah wa 3alayhi assalam), there is only one step (and 43 goals in PL and CL).

I’m happy for him. Muslim myself, I’m very happy too. For him, for me, for us muz (aka « norwegians » in Brussels).

But « Le Monde » happy to see a Muslim act as Pope in Anfield? Seriously? Glad to see Liverpudlian poor heirs disinherited of the slave trade mother of their industrial period boom singing that they could become Muslims?

And Abdel-Karim Benzema? The guy who does not sing shit song that he does not like, the guy who scores a goal every 3 games in EDF and one every two games in club, which has 4 L1, 2 Ligas, 3 C1, 2 CoR, who has almost zero red card, he thinks what « Le Monde »?

Like « Karim I do not karaoke » who has more European Cups than all the French clubs together, as Zidane (who has more european cups than Benz), double-scorer in World Cup Finals said it was time to spit in the soup instead of taking the cup again and drink it to the dregs (the balcony is okay once), Mohamed Salah’s time will come.

Jambe

 

(i) http://www.lemonde.fr/ligue-des-champions/article/2018/04/24/mohamed-salah-le-footballeur-qui-fait-aimer-l-islam-a-liverpool_5289864_1616944.html

 

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Jambe de bois, les origines.

Elsene

J’ai 15 ans, presque 16, c’est bientôt les vacances de Carnaval pendant lesquelles, bien que meilleur acteur de la pièce de théâtre originale annuelle de l’école, je suis subitement viré de l’endroit où je viens de passer un tiers des dix années précédentes de ma vie par un professeur d’Histoire bien comme il est acceptable d’être pour faire tout ce qu’on veut et surtout n’importe quoi : c’est-à-dire un missionnaire cruel mâle blanc chrétien cinquantenaire aussi omnipotent qu’imbu de son « pouvoir ». Une ordure Totale.

C’est l’été 1990.Celui de l’après Rudolph. J’ai 16 ans et ce n’est pas la première des rares fois que je n’ai pas de départ en vacances prévus et organisés par d’autres que moi, mes parents. Mama qui organise, Ba qui conduit. C’est la première fois que ça m’emmerde que la routine elle-même me lâche.

Ceci s’ajoutant au fait que je n’ai pas le droit d’avoir la clé de chez moi (nous). Attention, j’ai toujours le droit de rentrer (Mama), mais je ne peux pas sortir (Ba). En mode prison break, comme quelques fois déjà, je saute du balcon du premier étage de la maison familiale. Comme à chaque fois je m’attends à ressentir une sensation à la Neil Armstrong au moment du baskettage sur le sol du trottoir pavéux des environs du bord du lit du Maelbeek où je grandis.

Cette fois-ci quelque chose se passe différemment des précédentes.

Je touche quelque chose dans ma chute, je me demande un court instant ce qu’il m’arrive et puis j’ai, soudainement, physiquement mal, très mal. La voisine, veuve bourrue d’un bossu (paix à son âme), fâchée parce que j’ai cassé son câble TV, criait la haine de ma chute à tout le peuple endormi de ce côté des deux ponts.

Je viens de m’occasionner une fracture du col du fémur. Côté gauche. Comme par hasard.

Un mec (Mounir) passe, appelle une ambulance, on m’embarque, on coupe mon pantalon, je donne une pêche à l’environnement autour de moi, on me fait une piqûre, je dors.

Le lendemain on m’opère. Un Docteur, enfin !

Le Docteur il a le pouvoir de soigner et même celui de dire merde à la police. Alors à la base tu l’aimes bien et tu lui fais plutôt confiance.

J’étais complètement inconscient avant comme au moment de l’opération, normal, merci l’anesthésiste. On, le docteur, donc, ne m’a pas parlé de mes parents. Je n’ai pas entendu parler de mes parents, des gens qui d’après le code civil vu que je n’ai que 16 ans et que je suis incapable, prennent mes décisions à ma place (oui, je lisais le code civil quand j’avais 16 ans, quoi ?), le Docteur a dû s’occuper de ça aussi. On a sûrement dû leur faire signer un papier qu’ils ne savaient pas lire de plus. Merci Docteur.

On est en 1990 et je n’ai visiblement pas été classé en catégorie test clinique. Une cicatrice d’une cinquantaine de centimètres après fermeture, un « alliage » métallique moderne chevillé à mon corps, une fine tige d’une composition métallique incertaine me traversant littéralement le tibia de part en part pour stabiliser l’ensemble, les drains pendants, je crois que « ça ira, ça ira ! ».

Mais ça n’ira pas. En plus du souvenir de la douleur vue dans les yeux de mon père, en plus de l’enlèvement saignant des agrafes de ma cuisse, en plus des mois à marcher sur trois pattes, l’opération effectuée par le Docteur est un échec.

En 2017 le gars me rappelle de Waterloo ! Il a entendu que sa greffe expérimentale a tenue 18 ans. Il s’en allé se pavaner à un congrès médicinal sur ce point.

Ordure ! Faire le paon sur ses propres échecs, c’est ça le talent.

Une veine, très utile à observer quand on y pense comme un bon médecin quand on travaille dans ces parages-là (orthopédiste) c’est visiblement celle qui passerait par le fémur pour alimenter sa tête. Mais petit oups médical à ça même je n’ai pas eu droit. Raté, pas vu, pas pris, on va tenter autre chose. Un an plus tard.

Autogreffe de fragment d’os du bassin sur tête fémorale nécrosée suite à un dysfonctionnement de manœuvre chirurgicale. L’adolescence, cette ère de découvertes.

L’esquisse commence.

Jambe

Loubna Benaïssa, c’était juste « Loubna » pour moi

La lute pour les droits des enfants et contre le racisme sont mon expérience permanente depuis 43 ans, comme victime, comme acteur et comme militant,

ActivistChildCare asbl

Par Mouhad Reghif, le 5 août 2017

Cinq août 2017. Comme à chaque fois depuis 1993, quand ça faisait un an, je commence la journée en pensant à Loubna. Je me dis que cette année-ci ça fait 25 ans déjà qu’elle a disparue. Vers midi je suis devant mon ordinateur, je tape « Loubna Benaïssa » et puis je clique sur Actualités. J’obtiens zéro résultat pour la date du jour. L’article le plus récent la mentionnant date de mars 2017 et parle des vingt ans de l’arrestation de Derochette, après cinq ans d’impunité, et Dieu seul sait combien d’autres potentiels crimes sexuels commis sur des petites filles.

Son cas est éclairant. En tout cas il m’a éclairé sur la valeur que j’ai aux yeux de ceux qui dominent là, maintenant, ici, dans la réalité où je vis. Des points de vue sexiste, raciste et classiste c’est démonstratif : une dégueulasserie innommable, un crime…

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